Si tu me suis sur les réseaux sociaux ou que tu es abonné(e) à ma newsletter, il ne t’aura pas échappé que je traverse ce qu’on appelle, dans le métier, un « Art Block ». Un blocage, une incapacité à créer et à produire.
Si tu tombes sur cet article par hasard, sache que cela arrive à tous les artistes, et même relativement souvent. Ces phases sont plus ou moins longues et précèdent souvent une période de créativité intense, une fois qu’on en est sorti.
Rares sont les blocages qui débouchent sur un arrêt total d’activité. Ils se définissent plutôt comme des baisses de moral ou une envie intense de changement, freinée par la peur de sortir de ses habitudes et d’écouter ses vraies aspirations.
Un artiste dessine, peint ou crée parce qu’il a envie de raconter une histoire, de sublimer ce qu’il aime ou de trouver dans l’art le refuge nécessaire pour traverser certains moments de sa vie. Mais à l’ère des réseaux sociaux, on s’enferme vite dans ce qui « plaît », dans le style qui nous a fait connaître et apprécier. Pourtant, comme tout le monde, l’artiste évolue. Il apprend, il veut sortir de sa zone de confort, attiré par d’autres techniques, d’autres sujets, d’autres récits…
Alors, on hésite. On doute. On a peur de ne plus plaire à l’heure où l’on zappe d’un contenu à l’autre, où nos yeux sont bombardés de créations toutes plus sublimes les unes que les autres.
C’est là que le piège se referme. On s’enferme dans ce que l’on sait faire, dans ce qui fonctionne, et la créativité s’étiole car elle ne s’y retrouve plus.
J’en suis à presque trois mois sans créer, sans même avoir envie d’attraper un crayon. Je cogite, j’examine chaque pensée qui me traverse. Certains jours, j’ai envie de tout arrêter professionnellement : désinstaller Instagram, fermer ma boutique Etsy, mon site, et passer à autre chose. Puis, je réalise que je le regretterais amèrement, que je m’en voudrais de devoir tout reprendre à zéro alors qu’au fond de moi, ce n’est pas ce que je souhaite.
D’autres jours, les idées reviennent. J’ai envie de me replonger dans le traditionnel, de diversifier mon activité en mêlant l’original au digital, de proposer des mini-collections, d’ouvrir une seconde boutique… Mais là encore, je me paralyse et je n’avance pas.
J’ai tenté de briser la glace plusieurs fois. J’ai reproduit l’un de mes dessins numériques pour le mettre en couleur aux crayons. J’ai trié mon matériel, fait l’inventaire, et j’ai même acheté une boîte de pastels à l’huile… que je n’ai toujours pas ouverte. Le blocage est toujours là, pour l’instant.
Pourtant, je ne suis ni déprimée, ni en détresse. Je le vis même plutôt bien. Je me dis que cette phase est nécessaire, qu’un grand changement arrive, autant dans mon processus créatif que dans ma manière d’aborder ce métier. J’ai la chance de ne pas dépendre financièrement de cette activité, ce qui me donne la liberté absolue de faire ce que je veux.
Je ne veux plus perdre de temps à « gérer » des réseaux au détriment de la création. J’ai besoin de ranimer la flamme, car je sais qu’elle brûle encore. Il me faut juste trouver le chemin qui me rendra vraiment heureuse.
Si tu souhaites suivre cette transition et découvrir la suite de l’aventure, n’hésite pas à t’abonner à ma newsletter l’Emerveillée
A bientôt
